Oubliez le marketing tapageur du « beurre-chic » ou des « menus signature » : en Bretagne, c’est un plat de terroir, ni chic ni cher, qui fait fondre tous les appétits et renaît fièrement sur les tables. Le kig-ha-farz, jugé longtemps trop rustique, s’invite aujourd’hui aussi bien dans les restaurants réputés que chez celles et ceux qui veulent juste se régaler simplement. En route pour une plongée savoureuse dans l’authenticité bretonne !
Un nom qui fleure bon la Bretagne… et prête à sourire
Avant de goûter, tentons la prononciation. Savourez bien le « G » de « kig »– un son entre le « K » et le « G », rien de moins ! Quant au « Z » de « farz », il flirte résolument avec le « S ». Déjà, l’entrée en matière invite au voyage breton et promet quelques éclats de rire si l’on s’essaie sans filet…
La simplicité au service du goût : du plat du pauvre à la star du menu
À l’origine, le kig-ha-farz, c’était du lard, des carottes et des choux, alliés à un far noir ou blanc – rien de sophistiqué, mais bien pensé. On l’a longtemps surnommé « le plat du pauvre », presque à se demander s’il avait son rond de serviette en société. Et pourtant, son secret : la générosité et l’ingéniosité.
Le far blanc, ou « farz gwen », se prépare à base de farine de froment. Le far noir, ou « farz sac’h », lui, mise sur la farine de sarrasin (blé noir). Deux pâtes bien distinctes : la première se fait avec farine, beurre, œufs, un peu de lait ou de crème fraîche, sucre et même des raisins pour la petite touche ensoleillée ; la seconde, plus rustique, embrasse la Bretagne à pleines dents.
Tout ce joli monde rejoint des sacs à far pour une cuisson lente, immergée dans le même faitout que la viande et les légumes. Un vrai bain de foule culinaire ! À la sortie, on peut les couper en tranches ou les émietter pour obtenir un « farz bruzunoc ». Et là, attention, les papilles s’éveillent.
Du Finistère à Rennes : la revanche du kig-ha-farz
Le kig-ha-farz ne se démode décidément pas. Bien au contraire : nombre de restaurants, du Finistère jusqu’aux Côtes-d’Armor et même à Rennes, l’affichent fièrement à la carte, en version traditionnelle ou revisitée. Quelques adresses au hasard ? Le Jardin de l’aber à Brélès, Le puits de Jeanne à Plouegat-Moysan… et quantité d’autres pépites gourmandes, prêtes à accueillir les curieux comme les puristes.
Petit bonus pour les pressés : on peut le dénicher prêt à déguster sur les marchés bretons, à emporter dans certains établissements, ou même en ligne. Et oui, faire venir un kig-ha-farz de qualité jusqu’à chez soi est bel et bien possible. Là-dessus, la Bretagne n’a pas perdu le sens du service !
Des variations à l’infini… et des conseils de grand-mère
Ce plat invite chaque cuisinier ou cuisinière à y apporter sa signature. Certains y glissent des saucisses bretonnes, d’autres préfèrent des lardons dans la fameuse sauce lipig. Une chose est sûre : toutes les versions se prêtent au partage.
Écoutez les anciens : « Merci pour la recette, elle est presque pareille que celle de ma grand-mère, qui, elle, laisse cuire les sacs plutôt 3 ou 4h. Et déguster le lendemain, voire le surlendemain, est encore meilleur, comme le farz d’ailleurs. Kalon vat ha Kentañ tro ! » (Cœur vaillant, et bon appétit !)
- Cuire longtemps : jusqu’à 3 ou 4 heures pour révéler tous les arômes.
- Déguster « façon leftovers » : réchauffer le lendemain intensifie encore les saveurs.
- Varier viandes ou accompagnements selon l’envie et l’audace.
Enfin, pour trinquer à la bretonne, pourquoi ne pas savourer un verre de Ty Jaune ? Un pastis tout en rondeur, au caractère bien armoricain, à apprécier bien frais et, si possible, à l’ombre d’un menhir ! La bouteille-verre sérigraphiée à l’image d’À l’Aise Breizh, c’est l’esprit Phare Ouest à portée de main. À savourer, ou à offrir pour une explosion de fierté locale.
Conclusion : Le kig-ha-farz reprend du galon – et il le mérite bien. Ce plat ni chic ni cher, nourrissant et chaleureux, n’est pas près de rendre son tablier : il n’attend qu’un convive pour raconter encore longtemps l’histoire gourmande de la Bretagne. Allez-y, osez : goûtez, partagez et surtout, régalez-vous !

Passionné par l’univers de la maison et des beaux espaces, Benoît est l’esprit créatif derrière CGCuisine. Autodidacte curieux, il aime explorer les tendances déco, dénicher des astuces d’aménagement et partager des idées simples pour embellir chaque pièce, de la cuisine au salon. Entre bricolage malin, choix de matériaux et inspirations jardin, il teste, photographie et raconte ses découvertes pour aider chacun à créer un intérieur qui lui ressemble. Son credo : rendre la déco accessible à tous, sans sacrifier le style ni le confort.





